vendredi 15 octobre 2010

Le système universitaire... encore un mystère

Bonjour à tous!
Aujourd'hui je voulais vous parler un peu de comment fonctionne l'université en Italie. Ici, il n'y a pas de TD, tous les cours sont plus ou moins en amphis, mais les étudiants ne sont pas obligés de suivre les cours (ceux qui ne les suivent pas sont les Non Frequenti, littéralement les "non fréquentant" donc). Car ici, les cours faits par le prof ne sont pas vraiment ce qu'il y a de plus important. En Italie, les cours s'apprennent sur des livres qu'il faut lire (1, 2, 3, 4, 5 selon les matières). Ensuite les examens se font en janvier février, et l'étudiant n'est pas du tout évaluer sur les notes prises en cours, mais sur les bouquins lus durant le semestre. Autrement dit, les Italiens ont beaucoup beaucoup à lire, et donc énormément à retenir.... traduction... moi aussi!
(l'entrée de la Sapienza, ma fac! Les photos ne sont pas de moi aujourd'hui, veuillez m'en excuser)
De plus les examens se déroulent selon un mode assez particulier: quasiment tous sont à l'oral à la fin du semestre, et rares sont les cours où des travaux écrits sont à rendre. Seules les lectures comptent généralement. Pour passer son exam on peut s'organiser comme on veut: il y a 4 appels en janvier février, en gros, mettons, pour un exam : on peut le passer le 10 janvier, le 24 janvier, le 5 février et le 20 février, on s'inscrit par internet quelques jours avant et on se pointe le jour de l'exam. Si on ne se sent pas prêt, on le passe à l'appel suivant. Je savais déjà cela en arrivant, mais je me disais, j'essaierai de passer tous mes exams en un seul appel, histoire d'être débarrassée, ça doit pas être bien compliqué! Et tous les Italiens avec qui j'avais discuté me disais, oh la, mais c'est impossible en 1 ou deux appels, c'est très dur. Et moi en leur disant, mais nous parfois on a 3 exams dans une journée et tous nos exams en une semaine, et eux le regard désespéré se demandaient comment on faisait!
Mais maintenant que je réalise que pour 4 cours que je fais ce semestre, il me faut lire 12 livres, dont certains de 400 pages, soit près de 3000 pages au total, tout d'un coup je réalise que les italiens ne sont vraiment pas des glandus! En effet beaucoup sont ceux qui reste 7 ans à l'université au lieu de 5 car les exams prennent du temps, et parfois ils doivent étaler leurs révisions d'une manière plus longue que chez nous pour réussir correctement!
Ainsi, imaginez vous, moi qui n'ai jamais lu autant de livres en français en si peu de temps, la difficulté qui m'attend à lire, puis apprendre tout cela en italien! Pour le moment cela me parait insurmontable, m'enfin on s'habituera!
(ma fac, un beau et grand campus, mais bon, où les bâtiments ont quand même un style très très fasciste! Ce bâtiment n'est que le rectorat, et personne n'y a cours)
Aussi, à propos des examens, ici la moyenne est à 18/30. Et ce n'est pas considéré comme une très bonne note, souvent une bonne note, est celle qui tourne entre 28 et 30! C'est comme si nous il fallait systématiquement avoir 19 pour être contents! Il est même possible de repasser un examen jusqu'à tant qu'on ait une note convenable (si on a 21, on peut revenir à un nouvel appel pour essayer d'avoir 30 par exemple).
Cette semaine j'étais donc un peu révoltée devant ce mode que je trouve un peu stupide: apprendre apprendre apprendre, beaucoup beaucoup beaucoup, et semble-t-il réfléchir peu (pas de plan, pas de dissert, pas de problématisation du sujet d'examen). De plus les cours ne sont pas d'une grande organisation comme vous vous en doutez! En plus en discutant avec mes collocs et avec d'autres Italiens, je me rends compte combien ce système est stressant pour eux! Mais bon en même temps, j'essaie de me dire qu'au moins, je ne vais pas survoler mes sujets d'études et que je reviendrai en maîtrisant mieux un grand nombre de sujets, traités de manière approfondie, ce qui n'est pas du tout le cas de Sciences Po! Au moins je vais vraiment apprendre des choses, et j'espère ainsi ne pas les oublier aussi vite que lorsque je révise mes partiels à la va vite à l'IEP.
Voilà un petit aperçu de l'université de sciences politiques en Italie.
Mais bon, 2 cours me plaisent bien: histoire des mouvements et partis politiques en Italie, histoire des institutions politiques, et peut être histoire et institutions des pays afro-asiatiques (que je n'ai pas encore essayé car le cours ne commence que le 18 puisqu'en ce moment il y a des grèves)! En effet, Berlusconi a fait de la merde cet été, et veut faire passer une réforme vraiment dangereuse qui supprimerait plein de postes dans le public pour les ouvrir dans le privé, et diminuer les fonds pour les universités publiques, et favoriser ceux qui donnent de la thune au privé, qui n'est pas très bien vu ici car sous l'emprise du système berlusconien.
(ce mec est complètement toqué)
En gros Berlu est en train de détruire complètement l'éducation. Cet homme est arrivé au pouvoir sans l'intermédiaire des études, seulement grâce à ses entreprises, du coup pour lui l'éducation n'a pas grand intérêt: apprendre, s'enrichir, comprendre le monde est une perte d'argent, et il ne saisit visiblement pas combien sont importantes les études pour trouver un boulot ensuite: en gros construisez votre entreprise, devenez un mania de la TV, fabriquez des grands complexes immobiliers grâce au financement de la mafia, et voilà comment arriver au sommet du pouvoir! Ce mec est vraiment un déchet je vous jure! Du coup bon le monde étudiant est assez agité en ce moment, mais pas assez selon moi vu l'ampleur de cette loi Gelmini (du nom de la ministre qui a fait la loi, si cela vous intéresse, vous pouvez chercher d'autres infos sur internet!), je n'étais pas très blocage durant les manifs contre la LRU, mais là je vous avoue mon désespoir devant la situation universitaire italienne!
(Gelmini, ministre de la destruction)

4 commentaires:

  1. Merci pour ce petit point sur le système universitaire italien, c'est très instructif. C'est différent en Hongrie, mais ce qui est sûr, c'est que c'est pas du tout pareil que ce qu'on connait en France!
    Bien le bisou ma chère Inès, porte toi bien!

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  2. Viva la revolucion!
    Je comprends ton énervement, c'est pas très dur face à un (pauvre) type pareil!
    Super intéressant le point sur le système universaire italien. On va pouvoir bien blablater (du latin: blablaere: parler intensément) sur les systèmes éducatifs dans nos différents pays d'accueil!
    Courage pour tes lectures, 3000 pages... c'est une broutille! ;)
    Je t'embrasse fort!

    Solène

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  3. Je me joins aux autres pour te remercier sur cet article très intéressant! Promis, quand j'en aurai le courage, j'écrirai aussi sur le système universitaire argentin qui est, comme on peut se l'imaginer, tout aussi anarchique! (ce n'est pas pour rien que la population argentine est composée pour moitié de descendants d'italiens, HEIN!?) Courage avec les lectures, mais ne t'en fais pas trop non plus, de un, ça signifie que tu n'es pas obligée d'aller en cours (oh pardon! c'est sorti tout seul!! jaja!), de deux, tu verras que tu apprendras vite a lire plus vite en italien (et Bérénice et moi, on sait de quoi on parle puisque en Argentine aussi, tout est basé sur un système de lectures approfondies).

    SUERTE LINDA!!

    Je t'embrasse de tout mon coeur!

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  4. Intéressant cet article! Ma n'Inès tu deviens une grande révolutionnaire!!! Viva la Rivoluzione!!! :)

    Biz

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