vendredi 29 avril 2011

Réflexions

Depuis quelques jours je sors de nouveau, je refais usage de mes petits pieds, même si une tortue aurait déjà mainte fois gagné la course.
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Julie disait hier quand j'ai pu de nouveau sortir pour rejoindre mes amis pour déjeuner, "tu sais comment on dit un escargot en italien" j'ai dit "oui, c'est la lumaca" "c'est mignon, hein.... attendez la petite Lumaca qui arrive" a-t-elle crié!
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Depuis deux jours je ressors dans Rome, enfin "ressortir" me permet de me rendre à la bibliothèque, le trajet me prend du temps, au lieu de mettre 5 minutes, je mets une demi heure. Durant ce temps allongé, j'observe des choses que je ne voyais pas, je profite de la surface lisse de la chaussée après plusieurs mètres de pavés pour lever le nez. J'ai fait mille constats aujourd'hui, qui m'ont émue à chaque pas. J'aimerai les partager avec vous.
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En fin d'après-midi, j'ai préféré sortir de la bibliothèque et aller m'installer sur les marches de la fac d'éco au soleil, les rayons me caressaient le visage, et une brise légère s'est levée. Je ne sais pas pourquoi, mais à cet instant, j'ai eu mille images et sensations que j'ai ressenties et qui m'ont rappelé Lyon. Ce vent léger, cette lumière, j'avais l'impression d'être sur les quais du Rhône, en train de marcher sur le pont de la Guill, en train de croquer dans un pain du Soleil dans la cour de l'IEP, d'être rue de la Rep, de manger une barbe à Papa à la tête d'or!
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Tiens les hirondelles sont là, et je ne les avais même pas remarquées, alors qu'habituellement elles sont déjà de retour en mars. Mes sorties limitées et mon absence prolongée m'ont sûrement empêchées de remarquer ce petit bonheur de l'année.
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Aujourd'hui pour rentrer de la bibliothèque, j'ai emprunter un chemin différent. Pour tout vous avouer, je n'aime pas trop le prendre d'habitude. J'aime mieux celui par lequel je passe en rentrant de l'université, car le long de ce dernier se trouvent des boutiques, des cafés, une gelateria, une petite placette avec des arbres, des bancs où s'assoient des jeunes qui discutent, des personnes âgées qui promènent leur chien, c'est vivant, je ne m'en lasse pas, autant vous dire que j'aime ce chemin. Mais j'ai décidé de passer par les rues plus calmes cette fois. Mon père dirait: eh oui il ne faut pas être conservatrice!
Il s'est avéré que munie de béquilles ce n'était pas le chemin le plus aisé, mais les passages étroits des rues ont leurs avantages, et j'ai pu en profiter pour pencher ma tête dans une ruelle, et m'apercevoir que là, à quelques pas de chez moi, en plein Rome, poussait un bananier! La fleur tombait et les minuscules bananes vertes pointaient leur nez! Waou un bananier, dans la rue, en Europe, en Italie! Non pas que je sois blasée des orangers dans la rue derrière chez moi, ni des palmiers de la fac, ni des cyprès et des pins parasols que l'ont voit dans chaque endroit verdoyant de la capitale italienne! Au contraire, cette végétation inhabituelle qui rappelle le repos, la Méditerranée, le soleil, et d'autres éléments sur lesquelles je n'arrive pas à mettre de mot, me fait ressentir mille choses, beaucoup d'émotion! Alors imaginez un bananier! UN BANANIER!!! J'ai vu un bananier tralalala!
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Oui, je suis heureuse de savourer mes sorties.
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J'aime les odeurs, elles me font beaucoup d'effet et remémorent en moi toujours quelque chose d'indéterminé, mais de profond, j'ai le coeur qui se serre, ou qui s'emballe, mais je ne sais pas trop pourquoi, j'aime juste cela, ressentir! Ainsi hier en fermant mes volets, je me suis penchée à la fenêtre et j'ai humer l'air. Cela sentait déjà l'été, l'été à la campagne. En bas de chez moi il y a des petits jardins privés, l'herbe et les arbres qui avaient chauffé durant la journée dégagaient un parfum comme si ces derniers étaient désormais en train de profiter enfin d'un petit rafraîchissement. Je percevais le son du radar des chauves souris que je ne voyais pas, j'écoutais la ville au repos. J'attendais d'entendre les grillons, malheureusement ce n'est pas encore la saison!
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Dans ma rue, il y a du jasmin en fleur, je crois défaillir de plaisir. Je souris en pensant que cela me rappelle l'odeur du thé des restaurants chinois!
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En marchant cahin caha jusque chez moi, mon esprit s'est mis à gambader, il s'est arrêter sur des mots italiens. Prenez le mot "Sistemare", il signifie ranger, mettre en ordre. En l'entendant dans la bouche d'une jeune fille qui passait, son portable à la main, je me suis mise à réfléchir sur le sens qu'il avait, et à trouver que ce mot ne me plaisait pas! Sistemare, si l'on y regarde de plus près, on y retrouve le mot système, soit donc, faire rentrer dans le système! Cela m'évoquait tout d'un coup un moule dans lequel il fallait entrer, le conformisme, l'acceptation face à celui qui ordonne les choses!
J'ai préféré alors m'arrêter sur le mot "Mot" qui en italien se dit "Parola" ou "Parole" au pluriel. Ce mot là, je me suis rendue compte que je l'aimais. "Mot" c'est terne. En français, on parle d'un gros mot, que l'on prononce à demi-mot, en mâchant la moitié des mots , mais c'est en réalité un traître-mot, c'est pourquoi l'on conclura en deux mots. Peu de prestance ce mot "Mot" somme toute! "Parole" cela me faisait davantage pensé à un poème, au vers qui le compose, aux textes d'une chanson. En français "Parole" cela signifie aussi la confiance: "donner sa parole", "tenir parole". La parole est d'honneur, elle est divine, ou encore d'argent mais le silence, lui, est d'or!
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De ma fenêtre j'entend un goéland briser le silence par un cri qui semble celui du désespoir, il est temps d'aller dormir!

lundi 11 avril 2011

Un seul pays vous manque et tout est dépeuplé

Il aura fallu cette absence prolongée et imprévue pour réaliser combien le pays envers lequel j’avais été si exigeante en janvier pouvait bien avoir tous les défauts du monde, même celui d’avoir une médecine assez sommaire, je ne lui en veux pas ! Peut-être que lorsqu’on est loin, on ne se souvient que des bons moments, peut être que ce n’est qu’illusoire, je ne crois pas. Je pense plutôt comprendre désormais ce que Claire Panama, notre sage de la vie à l’étranger nous disais en 2e année, le fait qu’il y a plusieurs stades d’adaptation dans un pays, et si mes souvenirs sont exacts, ils se dérouleraient de la sorte :

-une période où tout ce qui concerne le nouveau pays est absurde, en gros : c’est mieux en France

-une période où c’est le nouveau pays qui obtient tous les suffrages

-et enfin une période d’ « équilibre des forces », un certain apaisement vis-à-vis de son pays de naissance et son pays d’accueil : c’est ni mieux, ni moins bien, c’est différent et c’est comme ça qu’on l’aime.

Pour ma part, la période 2 est inversée d'avec la 1 puisque je l’ai vécue pendant 6 ans avant de partir pour de bon habiter dans la botte ! Mais finalement, je crois être arrivée à la phase conclusive, la phase du drapeau blanc, ce sentiment de sérénité.

Je trépigne d’impatience de pouvoir retourner dans le plus merveilleux du monde à mes yeux, celui auquel j’ai beaucoup donné, et dont j’avais l’impression qu’il ne me rendait pas assez. Pourtant il m’offre à sa manière, et c’est déjà bien !

Quand on aime d’amour, on accepte les défauts, qui se transforment même parfois en qualité.

Voilà, cette petite déclaration personnifiée à un pays. Vous noterez peut être que jusque là je n’ai pas mentionné son nom, même si tout le monde sait duquel il s’agit. Cette attention faite, car cette déclaration, chacun d’entre nous à sa manière aurait pu l’écrire. C’est une ode au voyage, au départ. Mais peut être également au retour, puisque, en l’expérimentant de manière anticipée, je réalise combien ce dernier arrivera vite, et combien il faut en profiter, profiter de chaque instant, des plus durs comme des meilleurs !

Une petite composition faite à partir de mes yeux de voyageuse, de mon fidèle objectif, et des miracles de la technologie. J'aimerais pouvoir faire comme Vicou et écrire: n'hésitez pas à cliquer pour agrandir, mais je ne sais pas si cela est possible, si tel n'est pas le cas... n'hésitez pas à vous approcher de l'écran alors :)