mardi 28 juin 2011

EUR

Il y a deux semaines avec Vincent, j'ai encore pu découvrir une partie de Rome que je ne connaissais pas encore.
Après avoir fait un saut à la Basilica San Paolo, qui mérite le détour étant donné qu'il s'agit de la plus grande basilique de Rome après Saint Pierre, mais également car elle renferme des cadres (enfin plutôt des cercles) représentant chaque pape ayant... comment dit-on cela... régné? non papauté? pontifié peut être? bref ayant été pape quoi. Pour chaque représentation d'un pape était indiqué le nombre d'années, de mois et de jours de pontificat. On s'est amusé à chercher celui qui avait battu le record du plus long et du plus court pontificat. Le résultat oscillait entre quelques jours et presque trente ans.
(notre cher Benoit!)
On notera la superbe façade de la basilique, avec des mosaïques dorées et des palmiers, qui nous font douter d'être encore en Europe!
. Après cela, départ pour le sud de Rome, dans le quartier EUR, le quartier fasciste, créé par Mussolini pour l'exposition universelle de 1942, (EUR signifiant Esposizione Universale di Roma) qui n'eut jamais lieu d'ailleurs. .
Une basilique qui ressemble davantage à l'enfer qu'à la maison de Dieu, et un lac artificiel, voulu et créé ex-nihilo par Mussolini:
Dans ce quartier, qui a été créé dans l'optique d'accueillir ambassades, bureaux, ministères et musées, ont a quelque peu l'impression de débarquer dans un monde parallèle. Par certains aspects, j'avais la sensation de déambuler dans les allées de mon université (je vous avais raconter au début de l'année le style détonnant de ma fac), et à d'autres moments d'avoir débarqué en plein milieu du dessin animé "Le Roi et l'Oiseau", l'histoire d'un roi mégalo et despotique qui fait tout pour se marier avec la belle petite bergère.
Quoiqu'il en soit, entre malaise, architecture dérangeante et intérêt historique, j'étais ressortie plutôt contente de cette petite visite, qui m'a donné l'impression d'avoir sur quelques mètres/kilomètres un petit résumé de tous les bâtiments fascistes de Rome, qui, si l'on fait bien attention, sont présents tous les 3 angles de rue.

jeudi 16 juin 2011

Andiamo in Sicilia!!

En cette fin de joli mois de mai, je suis partie avec ESN (Erasmus Social Network), la formidable assoss erasmus qu'on trouve un peu partout en Europe, mais qui est très bien implantée et développée ici à Rome, je suis donc partie en Sicile.
Je savais déjà que je ne partais pas pour des visites intenses (tant mieux, pied-pied était content) et que chaque soir avait sa fête programmée! Culture, soleil, plage et divertissement étaient donc les maîtres-mots. Bien, même si je n'ai pas tout vu, ou si j'ai vu de belles choses, mais pas de manière approfondie comme je l'aurais souhaité, cette visite m'a fait adorer la Sicile, et m'a donné déjà l'envie d'y retourner, 1 semaine, 2 semaine, ou un mois, pour parcourir, gouter, connaitre tout ce que cette île renferme de beauté. . J'avais rencontré des siciliens il y a quelques mois, dont l'un d'eux m'avait dit, sur le ton d'un acteur du Parrain (véridique): "Iiiiu sugnu fieru di essiri sicilianu" traduction du dialecte sicilien en italien : Io sono fiero di essere siciliano, ce qui nous donne en français: moi, je suis fier d'être sicilien. Bref, je me disais à l'époque, bon ça fait quand même un peu renfermé sur son île qui a déjà du mal à s'en sortir économiquement et socialement. Bon si je ne garde de ces paroles que la richesse, l'histoire, la culture et la beauté de l'île, je dois avouer que ce jeune homme avait bien raison d'en être fier, de son ptit bout de terre! Voilà, je ne vous embêterai pas trop avec de long discours, mais vous laisserai plutôt admirer:
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-l'Etna :
(vue sur Taormina, et en arrière plan, l'Etna)
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-Taormina :
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-Catania :
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-la Vallée des Temples :
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-Palermo :
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-Paysages dans les terres :
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-la plage :
(coucher de soleil sur la plage qui donnait devant notre bungalow, avec vu sur l'Etna)
(lever de soleil après une soirée "mousse" au bord de la piscine)
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. -avide de clichés mafieux, j'ai réussi à en trouver quelques-uns :
(le parrain, c'est moi)
(en sicilien : "le mafieux")
(en référence à l'omertà, la loi du silence : "je ne vois rien, je n'entends rien, je ne parle pas... en Sicile j'ai été")
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Et voilou!!! C'est beau non?

lundi 16 mai 2011

Voyage en terre napolitaine

Je remonte un peu le temps car celui-ci file à une vitesse fulgurante.

Pour le week end de Pâques je suis partie avec Vincent, mon pied et mes béquilles pour 4 jours à Naples. L'hôtel était déjà payé depuis un moment, et ne pas y aller aurait vraiment été débile et m'aurait encore plus enfermé dans du broyage de noir à cause de mes membres locomoteurs ralentis.

Donc nous sommes partis, avec le train le moins cher qui coute 10 euros, mais qui bien sûr un vendredi Saint, était blindé car tous les italiens du Sud habitant à Rome rentraient en famille (Pâques étant, comme vous aller le constater, autant voire plus important que Noël en Italie). J'ai donc due lutter pour me glisser jusqu'au compartiment pour implorer quelqu'un de bien vouloir me laisser une place assise.

L'arrivée à Naples était moins sale que ce que je croyais. En effet Naples est réputée pour ses problèmes de ramassage d'ordures. Pas comme le disent les gens du nord car ils ne sauraient pas gérer leur déchets, mais pour un ensemble de problèmes très complexe: parmi eux, le fait que les habitants s'opposent à la construction de décharge près de chez eux, mais aussi et peut être surtout car l'Association de malfaiteurs du Sud a des avantages à tirer en empêchant les éboueurs de faire leur travail. La mafia serait en effet à l'origine de la crise actuelle, qui dure quand même depuis deux ans (avec des hauts et des bas) en faisant chanter les autorités afin de recevoir plus d'argent au titre de la collecte et du traitement des déchets.

La situation il y a quelques mois avait empiré de nouveau après un progrès dans le ramassage des ordures ou bien à la suite d'un oubli momentané des médias de continuer à en parler. Car il faut dire qu'en octobre c'était la crise: les enfants marchaient dans les détritus pour se rendre à l'école, les maladies et les rats menaçaient, l'odeur était à la limite du supportable et j'en passe. Bref, pourquoi donc cette "propreté soudaine"? Car pour Pâques, la municipalité avait (enfin) fait tout pour débarrasser les rues de ces immondices! Merci petit Jésus, tout ça c'est pour toi!
Les poubelles vomissent, les sacs explosent, les papiers volent, les voitures ralentissent pour éviter une poubelle renversée, le monde est à l'envers et l'enfer est sorti de terre.
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Bref on ne va pas faire trop de mauvaise pub à Naples, parce que certes c'est une ville sale, pauvre, corrompue jusqu'au bout des ongles, mais c'est aussi une ville très riche, belle et intéressante. Ne l'oublions pas!
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Bon comme mes trajets étaient limités, on a trouvé un moyen de faire la côte amalfitaine en voiture pour une journée, ce qui évitaient des efforts inutiles. j'ai donc pu voir le fameux et superbe bord de mer qui se trouve au sud de Naples sans trop de difficulté, juste le plaisir des yeux:
(leVésuve)
(la côte amalfitaine dans toute sa splendeur)
(le Duomo d'Amalfi)
Et non, la confusion des panneaux d'indication en Italie, ce n'est pas un mythe!
Les citrons énormes, de toute taille (jusqu'à croire que vous avez un pamplemousse en face de vous), de toute forme, mais toujours avec les lunettes de soleil! On est rital ou on ne l'est pas!
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Les autres jours, j'ai réussi à faire 2 rues aux alentours de l'hôtel! wooooouuuuuhou!
Bon du coup pas de Pompei, ni de Capri, ni de balade au bord de mer face au Vésuve (c'est pas grave, dans mes souvenirs le port de Naples est une porcherie ... port/ porc...bon d'accord je sors!)

Parmi les beautés des alentours de l’hôtel, le cloître de l’église Santa Chiara. Un havre (dédicace à toi Vicou) de paix dans l’environnement bruyant qui règne dans les rues. Orangers, colonnes en céramique peinte, fontaines, pins et ciel bleu.

Nous sommes le dimanche de Pâques, il est midi et demi : dans Santa Chiara et dans l’autre église qui lui fait fasse (l’église du Gesù Nuovo) la foule se presse. Les bancs sont tous pleins, les gens sont tous là pour écouter la messe.

Les enfants jouent dans l’église, une femme chante un air très doux. Je savais combien l’Italie était croyante, et mille fois plus encore dans le sud, là où la famille et la religion ont un rôle prépondérant pour tous, où la prière aide à vivre face à la misère, un Dieu sur lequel on mise tout, une religion à laquelle on est censé croire mais qui n’est qu’un paravent, un prétexte, une contradiction, dans une région rongée par la mafia, par les pots de vin, par les homicides, par les vols, les trafics de drogue et de tout ce qu’on peut trouver, par la prostitution et par la guerre des clans.

Une fois sortie de la messe, le monde se presse, se salue, crie de joie, cadeaux, lapins de Pâques emballés. Il aura suffit d’une heure, posés à la terrasse d’un café pour s’apercevoir que les rues s’étaient vidées de ses habitants, que le silence régnait, que tous les magasins avaient baissés leur grillage, que les cris des enfants qui jouent se sont tuent, que la ville est tout simplement morte. Il est 14h, tout le monde est rentré à la maison pour le déjeuner du dimanche de Pâques. Il est 14h, les seules âmes qui vivent dans ces rues si animées habituellement sont les quelques touristes qui cherchent où aller et que faire, étant donné que tout est devenu ville fantôme. Sentiment étrange.

Il faudra attendre 17h30 pour revoir les ruelles se repeupler, les enfants jouer au ballon devant l’église (une autre), et voir les femmes se presser pour l’office de 18h. OUI vous avez bien compris, les gens sont sortis pour retourner à l’église.

Oh toi Italie de mon cœur, Sud que je connais encore mal, mais sur lequel j’ai tant lu et tellement discuté, tu es encore un mystère pour moi.

vendredi 29 avril 2011

Réflexions

Depuis quelques jours je sors de nouveau, je refais usage de mes petits pieds, même si une tortue aurait déjà mainte fois gagné la course.
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Julie disait hier quand j'ai pu de nouveau sortir pour rejoindre mes amis pour déjeuner, "tu sais comment on dit un escargot en italien" j'ai dit "oui, c'est la lumaca" "c'est mignon, hein.... attendez la petite Lumaca qui arrive" a-t-elle crié!
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Depuis deux jours je ressors dans Rome, enfin "ressortir" me permet de me rendre à la bibliothèque, le trajet me prend du temps, au lieu de mettre 5 minutes, je mets une demi heure. Durant ce temps allongé, j'observe des choses que je ne voyais pas, je profite de la surface lisse de la chaussée après plusieurs mètres de pavés pour lever le nez. J'ai fait mille constats aujourd'hui, qui m'ont émue à chaque pas. J'aimerai les partager avec vous.
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En fin d'après-midi, j'ai préféré sortir de la bibliothèque et aller m'installer sur les marches de la fac d'éco au soleil, les rayons me caressaient le visage, et une brise légère s'est levée. Je ne sais pas pourquoi, mais à cet instant, j'ai eu mille images et sensations que j'ai ressenties et qui m'ont rappelé Lyon. Ce vent léger, cette lumière, j'avais l'impression d'être sur les quais du Rhône, en train de marcher sur le pont de la Guill, en train de croquer dans un pain du Soleil dans la cour de l'IEP, d'être rue de la Rep, de manger une barbe à Papa à la tête d'or!
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Tiens les hirondelles sont là, et je ne les avais même pas remarquées, alors qu'habituellement elles sont déjà de retour en mars. Mes sorties limitées et mon absence prolongée m'ont sûrement empêchées de remarquer ce petit bonheur de l'année.
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Aujourd'hui pour rentrer de la bibliothèque, j'ai emprunter un chemin différent. Pour tout vous avouer, je n'aime pas trop le prendre d'habitude. J'aime mieux celui par lequel je passe en rentrant de l'université, car le long de ce dernier se trouvent des boutiques, des cafés, une gelateria, une petite placette avec des arbres, des bancs où s'assoient des jeunes qui discutent, des personnes âgées qui promènent leur chien, c'est vivant, je ne m'en lasse pas, autant vous dire que j'aime ce chemin. Mais j'ai décidé de passer par les rues plus calmes cette fois. Mon père dirait: eh oui il ne faut pas être conservatrice!
Il s'est avéré que munie de béquilles ce n'était pas le chemin le plus aisé, mais les passages étroits des rues ont leurs avantages, et j'ai pu en profiter pour pencher ma tête dans une ruelle, et m'apercevoir que là, à quelques pas de chez moi, en plein Rome, poussait un bananier! La fleur tombait et les minuscules bananes vertes pointaient leur nez! Waou un bananier, dans la rue, en Europe, en Italie! Non pas que je sois blasée des orangers dans la rue derrière chez moi, ni des palmiers de la fac, ni des cyprès et des pins parasols que l'ont voit dans chaque endroit verdoyant de la capitale italienne! Au contraire, cette végétation inhabituelle qui rappelle le repos, la Méditerranée, le soleil, et d'autres éléments sur lesquelles je n'arrive pas à mettre de mot, me fait ressentir mille choses, beaucoup d'émotion! Alors imaginez un bananier! UN BANANIER!!! J'ai vu un bananier tralalala!
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Oui, je suis heureuse de savourer mes sorties.
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J'aime les odeurs, elles me font beaucoup d'effet et remémorent en moi toujours quelque chose d'indéterminé, mais de profond, j'ai le coeur qui se serre, ou qui s'emballe, mais je ne sais pas trop pourquoi, j'aime juste cela, ressentir! Ainsi hier en fermant mes volets, je me suis penchée à la fenêtre et j'ai humer l'air. Cela sentait déjà l'été, l'été à la campagne. En bas de chez moi il y a des petits jardins privés, l'herbe et les arbres qui avaient chauffé durant la journée dégagaient un parfum comme si ces derniers étaient désormais en train de profiter enfin d'un petit rafraîchissement. Je percevais le son du radar des chauves souris que je ne voyais pas, j'écoutais la ville au repos. J'attendais d'entendre les grillons, malheureusement ce n'est pas encore la saison!
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Dans ma rue, il y a du jasmin en fleur, je crois défaillir de plaisir. Je souris en pensant que cela me rappelle l'odeur du thé des restaurants chinois!
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En marchant cahin caha jusque chez moi, mon esprit s'est mis à gambader, il s'est arrêter sur des mots italiens. Prenez le mot "Sistemare", il signifie ranger, mettre en ordre. En l'entendant dans la bouche d'une jeune fille qui passait, son portable à la main, je me suis mise à réfléchir sur le sens qu'il avait, et à trouver que ce mot ne me plaisait pas! Sistemare, si l'on y regarde de plus près, on y retrouve le mot système, soit donc, faire rentrer dans le système! Cela m'évoquait tout d'un coup un moule dans lequel il fallait entrer, le conformisme, l'acceptation face à celui qui ordonne les choses!
J'ai préféré alors m'arrêter sur le mot "Mot" qui en italien se dit "Parola" ou "Parole" au pluriel. Ce mot là, je me suis rendue compte que je l'aimais. "Mot" c'est terne. En français, on parle d'un gros mot, que l'on prononce à demi-mot, en mâchant la moitié des mots , mais c'est en réalité un traître-mot, c'est pourquoi l'on conclura en deux mots. Peu de prestance ce mot "Mot" somme toute! "Parole" cela me faisait davantage pensé à un poème, au vers qui le compose, aux textes d'une chanson. En français "Parole" cela signifie aussi la confiance: "donner sa parole", "tenir parole". La parole est d'honneur, elle est divine, ou encore d'argent mais le silence, lui, est d'or!
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De ma fenêtre j'entend un goéland briser le silence par un cri qui semble celui du désespoir, il est temps d'aller dormir!

lundi 11 avril 2011

Un seul pays vous manque et tout est dépeuplé

Il aura fallu cette absence prolongée et imprévue pour réaliser combien le pays envers lequel j’avais été si exigeante en janvier pouvait bien avoir tous les défauts du monde, même celui d’avoir une médecine assez sommaire, je ne lui en veux pas ! Peut-être que lorsqu’on est loin, on ne se souvient que des bons moments, peut être que ce n’est qu’illusoire, je ne crois pas. Je pense plutôt comprendre désormais ce que Claire Panama, notre sage de la vie à l’étranger nous disais en 2e année, le fait qu’il y a plusieurs stades d’adaptation dans un pays, et si mes souvenirs sont exacts, ils se dérouleraient de la sorte :

-une période où tout ce qui concerne le nouveau pays est absurde, en gros : c’est mieux en France

-une période où c’est le nouveau pays qui obtient tous les suffrages

-et enfin une période d’ « équilibre des forces », un certain apaisement vis-à-vis de son pays de naissance et son pays d’accueil : c’est ni mieux, ni moins bien, c’est différent et c’est comme ça qu’on l’aime.

Pour ma part, la période 2 est inversée d'avec la 1 puisque je l’ai vécue pendant 6 ans avant de partir pour de bon habiter dans la botte ! Mais finalement, je crois être arrivée à la phase conclusive, la phase du drapeau blanc, ce sentiment de sérénité.

Je trépigne d’impatience de pouvoir retourner dans le plus merveilleux du monde à mes yeux, celui auquel j’ai beaucoup donné, et dont j’avais l’impression qu’il ne me rendait pas assez. Pourtant il m’offre à sa manière, et c’est déjà bien !

Quand on aime d’amour, on accepte les défauts, qui se transforment même parfois en qualité.

Voilà, cette petite déclaration personnifiée à un pays. Vous noterez peut être que jusque là je n’ai pas mentionné son nom, même si tout le monde sait duquel il s’agit. Cette attention faite, car cette déclaration, chacun d’entre nous à sa manière aurait pu l’écrire. C’est une ode au voyage, au départ. Mais peut être également au retour, puisque, en l’expérimentant de manière anticipée, je réalise combien ce dernier arrivera vite, et combien il faut en profiter, profiter de chaque instant, des plus durs comme des meilleurs !

Une petite composition faite à partir de mes yeux de voyageuse, de mon fidèle objectif, et des miracles de la technologie. J'aimerais pouvoir faire comme Vicou et écrire: n'hésitez pas à cliquer pour agrandir, mais je ne sais pas si cela est possible, si tel n'est pas le cas... n'hésitez pas à vous approcher de l'écran alors :)

vendredi 18 mars 2011

Réconciliée

Cette semaine, je me suis réconciliée avec la Péninsule!
Eh oui ces derniers temps, j'ai eu quelques bonnes raisons de faire un peu la paix avec l'Italie, d'être en paix avec elle, et en paix avec moi même dans ce pays! Peaaaace and Love me direz vous!
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En effet la semaine dernière je suis passée par hasard dans une manifestation. A vrai dire s'en était plutôt la fin, et cela ressemblait plus à un grand rassemblement! Musique, intervention au micro et plein de monde! Le but était de défendre l'école publique (démantibulée petit à petit par Berlusconi pour que tout le monde aille dans le privé, je crois que je vous en ai déjà parlé) mais aussi pour défendre la Constitution! Eh oui, je pense que chez nous ça n'arriverait pas, mais ici oui, tant cette dernière est bafouée par certaines personnes dont parmi elle, une dont le nom commence par B et se termine par erlusconi!
Berlusconisme... air propre!
Pour se faire, des chanteurs engagés présentaient leurs chansons aux paroles marquantes, des journalistes dénonçaient, des hommes politiques de gauche déclamaient, et des personnes étaient invitées à lire au micro les articles de la Constitution, un par un!
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La lecture des articles 3 et 21 laissait un gout amer dans la bouche:
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-article 3: "Tous les citoyens ont une même dignité sociale et sont égaux devant la loi, sans distinction de sexe, de race, de langue, de religion, d’opinions politiques, de conditions personnelles et sociales"
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-article 21: "Toute personne a le droit de manifester librement sa pensée oralement, par écrit et par tout autre moyen de diffusion. La presse ne peut être soumise à autorisation ou censure..."
Beaucoup de personnes portaient des T shirt rappelant les articles de la Constitution
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Après chaque lecture, les italiens applaudissaient avec ferveur, en criant "viva Italia", et moi je souriais bêtement, je souriais de voir qu'il y avait encore des gens pour soutenir ce
pays... et pas qu'un peu!
(Tout ce qui est noir, c'est soit des arbres, soit toutes les personnes qui recouvrent littéralement la Piazza del Popolo!)
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Ces milliers de personnes qui agitaient des drapeaux tricolores, et pas que des petits (cf les photo) et des drapeaux de paix, en défendant un des textes les plus importants de ce pays, c'était symboliquement très touchant à mes yeux!
Le deuxième facteur de drapeau blanc dans la relation italo-inessienne (oui pourquoi pas!) a été la célébration des 150 ans de l'unité italienne. A Turin le 17 mars 1861, on déclarait la naissance du royaume d'Italie, hier soir on la célébrait!
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Au menu: un tas de musées ouverts jusqu'à 1H du mat gratuitement, à l'intérieur de ces derniers des concerts de musiques classiques, de jazz, de danse classique sur l'air de l'hymne national, des présentations lumineuses sur certains bâtiments (un peu à la manière de la fête des lumières) narrant avec mille couleurs l'histoire de l'Italie, et les personnages importants qui l'ont construites!
Les principaux monuments de Rome étaient vert blanc rouge pour l'occasion: le Monument à Vittorio Emmanuele, la Colonne de Trajan, le Colisée (je dois piquée la photo à une copine, ma batterie m'a fait défaut juste à ce moment là!) C'était magnifique!
On a même eu droit à un feu d'artifice aux couleurs de l'Italie, à une fanfare officielle qui a joué Nabucco de Verdi, grand opéra emblématique de l'histoire italienne (pour ceux qui ont faire histoire européenne avec BB, rappelez vous de VERDI : Vittorio Emmanuele Re D'Italia!), mais aussi au Maire de Rome hué complètement (ce dernier est un fasciste reconnu, le simple fait qu'aucune personne sur la place ne l'ai laissé s'exprimer, c'était quelque chose...), enfin on a pu voir des milliers de drapeaux italiens de toutes les tailles portés en triomphe par leur possesseur!
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Je ne reconnaissais tout simplement plus l'Italie que j'ai pu voir jusqu'à présent!
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Bon bien sûr je relativise pas mal: beaucoup de gens sont restés chez eux, et même parmi ceux qui se sont déplacés dans Rome ce soir là, le sentiment d'appartenance au vert blanc rouge n'a dû être ressenti que pour quelques heures et ensuite pfuiiiit oublié!
Mais bon, c'est déjà ça, j'ose espérer que cela a peut-être allumé quelques ferveurs patriotiques et atténué certaines ferveurs régionalistes! (mais bon Candide était moins naïf que moi...)