En arrivant en Italie, je débarquais avec plein d’espérances, j’étais emplie de joie et de croyances, je pensais, j’imaginais, je rêvais ! Ce pays qui me faisait tant fantasmer et me faisait chavirer, enfin, finalement !
Ce pays que j’aimais tant, qu’est-il donc devenu ? Où est-il ? Me suis-je trompée ? L’amour que j’éprouvais pour lui s’est-il envolé en fumée ? L’amour rend aveugle, le mariage lui rend la vue ! C’est la sensation que j’ai chaque jour depuis mon retour de France !
L’Italie je l’aime d’amour, comme on aime quelqu’un. Lorsqu’on est capable de se rappeler dans le détail le plus parfait chaque rue de Florence, quand le simple fait d’entendre de l’italien vous fait tourner la tête et bondir le cœur, quand vous ne vous lassez pas d’écouter les mêmes chansons italiennes sur votre ipod car ce sont les seules que vous avez, quand chaque année depuis le lycée, presque toutes les années de votre vie a vu une semaine de vacances en Italie, quand vous êtes toujours contente d’être déjà mercredi à l’IEP même si c’est votre journée la plus longue, car vous savez que Marcello est toujours là ! Parce que vous ne vous lassez pas de voir Nos meilleures années pour la énième fois, et parce que tout film italien est bon à voir, même le plus mauvais !
Ces derniers temps je suis entrée dans la phase : mon partenaire m’horripile ! Vous savez cette sensation, quand on est en couple, et que chaque geste, chaque erreur, chaque habitude de votre moitié, qui autrefois vous faisait tournez la tête d’émerveillement, désormais vous dégoûte au plus au moins, suscite en vous l’incompréhension et la rage ! Et bien ça c’est moi. Tout mon être hurle la haine devant les incongruités, les faux pas, les mensonges, les méchancetés, les sourires trompeurs, les saletés, l’hypocrisie, l’endormissement, les fables de mon amour de pays !
J’aime l’Italie pour sa culture : ses peintres si talentueux, ses monuments vieux de plusieurs millénaires, ses églises magnifiquement décorées, ses sculptures si réalistes, sa musique classique si reconnue, ses cinéastes, sa langue si belle et mélodieuse.
Je n’aime pas l’Italie pour sa culture : car c’est la seule chose que l’on peut mettre en valeur dans ce pays ! petit tableau : politique correcte : zéro, fonctionnement des institutions : zéro ; éducation performante : zéro ; grandes entreprises qui font marcher ce pays et offre de l’emploi : zéro au sud, Barilla et les usines de voitures au nord….on va pas aller loin ainsi ; système de santé : incomplet, injuste ; Etat providence : corrompu (comme tout ici).
J’aime l’Italie pour sa diversité : pour ses langues et dialectes si divers, ses accents si riches, ses habitudes multiples entre chaque région.
Je n’aime pas l’Italie pour sa diversité car elle désunie, elle suscite haine et rejet entre chaque région.
J’aime l’Italie pour son histoire : sa réunification tardive, son fascisme qu’elle a dû vivre et surmonter, ses années de plomb et son terrorisme des années 80 qui revendiquaient des idées à défendre pour la nation.
Je n’aime pas l’Italie pour son histoire : sa réunification tardive qui empêche le sentiment d’union, de solidarité, et d’appartenance nécessaire à chaque pays, son fascisme qui n’a pas complètement disparu aujourd’hui, ses années de plomb qui ont mis le pays à feu et à sang et ont fait naître la peur.
J’aime l’Italie pour les italiens, car ce sont des gens chaleureux, bien plus ouverts que par chez nous.
Je n’aime pas l’Italie pour les italiens : ce sont des personnes malhonnêtes qui manipulent le système, ou quand ça n’est pas le cas, ce sont des personnes endormies par le système, bercées d’illusion, ou quand ce n’est pas le cas, ce sont des personnes trop déçues par le système pour vouloir essayer de le changer.
J’aime l’Italie pour sa politique : pour ses alliances, pour sa gauche un jour forte et crédible, pour ses rebondissements.
Je déteste l’Italie pour sa politique : pour ses dirigeants corrompus, pour ses pots de vin, pour son affiliation avec la mafia, pour son manque d’alternative, pour son absence de décisions prises pour le peuple, et surtout, pour son Président du Conseil actuel, summum du scandale, de la honte sur sa propre population et de l’inconscience de ses actes. Je me sens tellement attachée à ce pays que j’ai honte des attitudes de son représentant, comme si c’était le représentant de mon propre pays. Quelle honte d’avoir comme Président du conseil un homme qui encourage la prostitution, nie ses actions, accuse les magistrats et les journalistes d’être des menteurs, refuse de se faire juger, fait des lois pour avoir l’immunité éternelle… bienvenus en Italie où ce sont les accusés qui se font eux-mêmes justice !
Je déteste le racisme ambiant, cette mentalité sexiste, cette inégalité entre Nord et Sud, l’absence de respect dans toutes ses formes, et notamment l’irrespect pour l’environnement : déchets partout, déchets toxiques enfouis dans les campagnes et qui polluent les environs de Naples, recyclage géré par la mafia, usage excessif des couverts en plastique, bah oui ça évite de faire la vaisselle : quand on invite des amis à la maison, mais aussi, et le plus malheureux, à la cantine, où mange chaque jour environ 1000 à 2000 élèves. Chaque aliment est servi dans une assiette en plastique : une pour les pâtes, une pour les légumes, une pour la viande, la fourchette et le couteau en plastique, eux-mêmes emballés dans un sachet en plastique, un gobelet en plastique, un set de table en papier, un morceau de pain emballé dans un sachet en plastique lui aussi. Et quand le plateau est posé sur le tapis roulant, j’ai longtemps espéré que tout cela soit au moins recyclé, mais non, vlan, tout dans la même poubelle, avec les épluchures de clémentines, et la part de pizza pas terminée.
Mais plus que tout je déteste ce pays peuplé d’endormis et de moutons de panurge ! Bêêêêêêêê
Je ne peux qu'être d'accord. Je ressens presque la même chose, sauf pour le côté politique où pour moi, aucun politicien n'est plus propre que l'autre, gauche ou droite, tous sont corrompus. C'est triste à dire, mais c'est malheureusement ainsi.
RépondreSupprimerPressé de venir te voir :) Biz
Bon courage Ninès, mais ce post ne réveille en moi qu'un constat... Brésil, Italie même combat !!! Tu peux inverser le nord et le sud et tu as la même chose !
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