lundi 16 mai 2011

Voyage en terre napolitaine

Je remonte un peu le temps car celui-ci file à une vitesse fulgurante.

Pour le week end de Pâques je suis partie avec Vincent, mon pied et mes béquilles pour 4 jours à Naples. L'hôtel était déjà payé depuis un moment, et ne pas y aller aurait vraiment été débile et m'aurait encore plus enfermé dans du broyage de noir à cause de mes membres locomoteurs ralentis.

Donc nous sommes partis, avec le train le moins cher qui coute 10 euros, mais qui bien sûr un vendredi Saint, était blindé car tous les italiens du Sud habitant à Rome rentraient en famille (Pâques étant, comme vous aller le constater, autant voire plus important que Noël en Italie). J'ai donc due lutter pour me glisser jusqu'au compartiment pour implorer quelqu'un de bien vouloir me laisser une place assise.

L'arrivée à Naples était moins sale que ce que je croyais. En effet Naples est réputée pour ses problèmes de ramassage d'ordures. Pas comme le disent les gens du nord car ils ne sauraient pas gérer leur déchets, mais pour un ensemble de problèmes très complexe: parmi eux, le fait que les habitants s'opposent à la construction de décharge près de chez eux, mais aussi et peut être surtout car l'Association de malfaiteurs du Sud a des avantages à tirer en empêchant les éboueurs de faire leur travail. La mafia serait en effet à l'origine de la crise actuelle, qui dure quand même depuis deux ans (avec des hauts et des bas) en faisant chanter les autorités afin de recevoir plus d'argent au titre de la collecte et du traitement des déchets.

La situation il y a quelques mois avait empiré de nouveau après un progrès dans le ramassage des ordures ou bien à la suite d'un oubli momentané des médias de continuer à en parler. Car il faut dire qu'en octobre c'était la crise: les enfants marchaient dans les détritus pour se rendre à l'école, les maladies et les rats menaçaient, l'odeur était à la limite du supportable et j'en passe. Bref, pourquoi donc cette "propreté soudaine"? Car pour Pâques, la municipalité avait (enfin) fait tout pour débarrasser les rues de ces immondices! Merci petit Jésus, tout ça c'est pour toi!
Les poubelles vomissent, les sacs explosent, les papiers volent, les voitures ralentissent pour éviter une poubelle renversée, le monde est à l'envers et l'enfer est sorti de terre.
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Bref on ne va pas faire trop de mauvaise pub à Naples, parce que certes c'est une ville sale, pauvre, corrompue jusqu'au bout des ongles, mais c'est aussi une ville très riche, belle et intéressante. Ne l'oublions pas!
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Bon comme mes trajets étaient limités, on a trouvé un moyen de faire la côte amalfitaine en voiture pour une journée, ce qui évitaient des efforts inutiles. j'ai donc pu voir le fameux et superbe bord de mer qui se trouve au sud de Naples sans trop de difficulté, juste le plaisir des yeux:
(leVésuve)
(la côte amalfitaine dans toute sa splendeur)
(le Duomo d'Amalfi)
Et non, la confusion des panneaux d'indication en Italie, ce n'est pas un mythe!
Les citrons énormes, de toute taille (jusqu'à croire que vous avez un pamplemousse en face de vous), de toute forme, mais toujours avec les lunettes de soleil! On est rital ou on ne l'est pas!
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Les autres jours, j'ai réussi à faire 2 rues aux alentours de l'hôtel! wooooouuuuuhou!
Bon du coup pas de Pompei, ni de Capri, ni de balade au bord de mer face au Vésuve (c'est pas grave, dans mes souvenirs le port de Naples est une porcherie ... port/ porc...bon d'accord je sors!)

Parmi les beautés des alentours de l’hôtel, le cloître de l’église Santa Chiara. Un havre (dédicace à toi Vicou) de paix dans l’environnement bruyant qui règne dans les rues. Orangers, colonnes en céramique peinte, fontaines, pins et ciel bleu.

Nous sommes le dimanche de Pâques, il est midi et demi : dans Santa Chiara et dans l’autre église qui lui fait fasse (l’église du Gesù Nuovo) la foule se presse. Les bancs sont tous pleins, les gens sont tous là pour écouter la messe.

Les enfants jouent dans l’église, une femme chante un air très doux. Je savais combien l’Italie était croyante, et mille fois plus encore dans le sud, là où la famille et la religion ont un rôle prépondérant pour tous, où la prière aide à vivre face à la misère, un Dieu sur lequel on mise tout, une religion à laquelle on est censé croire mais qui n’est qu’un paravent, un prétexte, une contradiction, dans une région rongée par la mafia, par les pots de vin, par les homicides, par les vols, les trafics de drogue et de tout ce qu’on peut trouver, par la prostitution et par la guerre des clans.

Une fois sortie de la messe, le monde se presse, se salue, crie de joie, cadeaux, lapins de Pâques emballés. Il aura suffit d’une heure, posés à la terrasse d’un café pour s’apercevoir que les rues s’étaient vidées de ses habitants, que le silence régnait, que tous les magasins avaient baissés leur grillage, que les cris des enfants qui jouent se sont tuent, que la ville est tout simplement morte. Il est 14h, tout le monde est rentré à la maison pour le déjeuner du dimanche de Pâques. Il est 14h, les seules âmes qui vivent dans ces rues si animées habituellement sont les quelques touristes qui cherchent où aller et que faire, étant donné que tout est devenu ville fantôme. Sentiment étrange.

Il faudra attendre 17h30 pour revoir les ruelles se repeupler, les enfants jouer au ballon devant l’église (une autre), et voir les femmes se presser pour l’office de 18h. OUI vous avez bien compris, les gens sont sortis pour retourner à l’église.

Oh toi Italie de mon cœur, Sud que je connais encore mal, mais sur lequel j’ai tant lu et tellement discuté, tu es encore un mystère pour moi.

1 commentaire:

  1. trop chou tous les deux ! :D
    Argh les ordures par contre ! Haha, ils devraient faire de l'échange d'expérience avec certaines villes d'Amérique Latine !

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