Pour le week end de Pâques je suis partie avec Vincent, mon pied et mes béquilles pour 4 jours à Naples. L'hôtel était déjà payé depuis un moment, et ne pas y aller aurait vraiment été débile et m'aurait encore plus enfermé dans du broyage de noir à cause de mes membres locomoteurs ralentis.
Donc nous sommes partis, avec le train le moins cher qui coute 10 euros, mais qui bien sûr un vendredi Saint, était blindé car tous les italiens du Sud habitant à Rome rentraient en famille (Pâques étant, comme vous aller le constater, autant voire plus important que Noël en Italie). J'ai donc due lutter pour me glisser jusqu'au compartiment pour implorer quelqu'un de bien vouloir me laisser une place assise.
L'arrivée à Naples était moins sale que ce que je croyais. En effet Naples est réputée pour ses problèmes de ramassage d'ordures. Pas comme le disent les gens du nord car ils ne sauraient pas gérer leur déchets, mais pour un ensemble de problèmes très complexe: parmi eux, le fait que les habitants s'opposent à la construction de décharge près de chez eux, mais aussi et peut être surtout car l'Association de malfaiteurs du Sud a des avantages à tirer en empêchant les éboueurs de faire leur travail. La mafia serait en effet à l'origine de la crise actuelle, qui dure quand même depuis deux ans (avec des hauts et des bas) en faisant chanter les autorités afin de recevoir plus d'argent au titre de la collecte et du traitement des déchets.
Parmi les beautés des alentours de l’hôtel, le cloître de l’église Santa Chiara. Un havre (dédicace à toi Vicou) de paix dans l’environnement bruyant qui règne dans les rues. Orangers, colonnes en céramique peinte, fontaines, pins et ciel bleu.
Nous sommes le dimanche de Pâques, il est midi et demi : dans Santa Chiara et dans l’autre église qui lui fait fasse (l’église du Gesù Nuovo) la foule se presse. Les bancs sont tous pleins, les gens sont tous là pour écouter la messe.
Les enfants jouent dans l’église, une femme chante un air très doux. Je savais combien l’Italie était croyante, et mille fois plus encore dans le sud, là où la famille et la religion ont un rôle prépondérant pour tous, où la prière aide à vivre face à la misère, un Dieu sur lequel on mise tout, une religion à laquelle on est censé croire mais qui n’est qu’un paravent, un prétexte, une contradiction, dans une région rongée par la mafia, par les pots de vin, par les homicides, par les vols, les trafics de drogue et de tout ce qu’on peut trouver, par la prostitution et par la guerre des clans.
Une fois sortie de la messe, le monde se presse, se salue, crie de joie, cadeaux, lapins de Pâques emballés. Il aura suffit d’une heure, posés à la terrasse d’un café pour s’apercevoir que les rues s’étaient vidées de ses habitants, que le silence régnait, que tous les magasins avaient baissés leur grillage, que les cris des enfants qui jouent se sont tuent, que la ville est tout simplement morte. Il est 14h, tout le monde est rentré à la maison pour le déjeuner du dimanche de Pâques. Il est 14h, les seules âmes qui vivent dans ces rues si animées habituellement sont les quelques touristes qui cherchent où aller et que faire, étant donné que tout est devenu ville fantôme. Sentiment étrange.
Il faudra attendre 17h30 pour revoir les ruelles se repeupler, les enfants jouer au ballon devant l’église (une autre), et voir les femmes se presser pour l’office de 18h. OUI vous avez bien compris, les gens sont sortis pour retourner à l’église.
Oh toi Italie de mon cœur, Sud que je connais encore mal, mais sur lequel j’ai tant lu et tellement discuté, tu es encore un mystère pour moi.
trop chou tous les deux ! :D
RépondreSupprimerArgh les ordures par contre ! Haha, ils devraient faire de l'échange d'expérience avec certaines villes d'Amérique Latine !